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Mobilisation du 5 décembre : « Bâtissons une réforme juste, sociale et solidaire »

5 décembre 2019

Dans un pays qui a la passion des mouvements sociaux – pour le meilleur et pour le pire – le début d’une mobilisation soulève toujours beaucoup d’interrogations. À quel point sera-t-elle suivie ? Va-t-elle durer ? Quel impact aura-t-elle ?

Je préfère n’en retenir qu’une : est-elle utile ?

De l’aveu même de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, il s’agit d’une grève « préventive » . On s’oppose moins à la réforme qu’à l’idée que l’on s’en fait.

Cela traduit d’abord une forme de méfiance. Les Français sont « champions du monde du pessimisme », lit-on souvent. Ce n’est pas anodin. L’incapacité des politiques à donner confiance aux Français dans l’avenir est à regarder avec le plus grand sérieux. Mais les réponses qui y seront apportées ne pourront l’être que sur le long terme, et sont autant politiques que culturelles.

Cela trahit aussi une forme d’opposition systématique. Un immobilisme dans lequel on se complaît, quitte à ce qu’il nous mène à notre perte. Car le risque est là : en l’absence de réforme, nous préserverons un système inégalitaire, peu lisible et dont le déficit pourrait conduire, demain, à ce que le système de retraites par répartition soit mis en péril.

Alors, plutôt que de nous opposer les uns aux autres, pourquoi ne pas nous réunir sur plusieurs points de convergence :

  • La nécessité d’une réforme au regard des évolutions démographiques : il en va de la survie de notre modèle social.
  • L’instauration d’un système universel : les régimes spéciaux ne correspondent plus, pour la plupart, à des réalités.
  • La prise en compte de la pénibilité : c’est un élément de justice sociale et un pendant absolument nécessaire à la suppression des régimes spéciaux.
  • La mise en place d’une retraite minimum à 1000 euros après une carrière complète : il s’agit d’une protection nouvelle qui bénéficiera en premier lieu aux femmes et aux agriculteurs.
  • Davantage de droits pour les femmes : alors que leurs pensions sont aujourd’hui inférieures de 42% à celles des hommes, elles acquerrons demain de nouveaux droits dès le premier enfant et verront leurs congés maternité compensés à 100%.

Et pour le reste ? Les concertations sont encore en cours. Que chacun y participe pour faire valoir ses droits et ses attentes est normal et nécessaire. Mais ne sacrifions pas notre avenir, celui de nos enfants, par pur réflexe pavlovien !

Bâtissons ensemble une réforme juste, sociale et solidaire.