À l'Assemblée nationale 

Clôture de la session parlementaire : retour sur l’année écoulée

5 August 2019

Chers amis,

Ainsi s’achève cette seconde année de mandat. Je mentirais si je disais qu’elle n’a pas été mouvementée. Elle fut marquée par une longue et profonde crise sociale que nous devons à des années d’aveuglement sur les fractures qui parcourent notre pays.

Fractures sociales, bien sûr. Le modèle français de protection sociale est parmi les meilleurs au monde, mais nous en connaissons les limites. Celle, d’abord, de s’être trop peu adapté aux évolutions de notre société, laissant parfois sur le bas-côté nos concitoyens les plus vulnérables. Je pense, par exemple, aux femmes qui élèvent seule un enfant – deux fois plus nombreuses qu’il y a vingt ans – et qui, souvent, accumulent les difficultés (baisse du pouvoir d’achat, problèmes de garde, charge mentale etc.).

Fractures territoriales, aussi. L’analyste Jérôme Fourquet a brillamment théorisé l’archipellisation de la société française. Celle-ci trouve ses racines, notamment, dans le sentiment d’éloignement des citoyens entre eux, qu’ils vivent dans les métropoles, les zones périurbaines ou les territoires ruraux. Notre responsabilité, en tant qu’élus, est de parvenir à inverser cette tendance qui menace notre République une et indivisible.

Notre majorité avait identifié ces difficultés. Mais, lors de la crise des gilets jaunes, elles nous sont apparues de façon si éruptive que nous en avons davantage mesuré l’urgence. C’est la raison pour laquelle le Président de la République a, par deux fois – en décembre puis à l’issue du grand débat – annoncé des mesures fortes pour que nous bâtissions, ensemble, une société plus juste et plus solidaire.

Ce travail se poursuit. Plusieurs lois votées au cours de l’année écoulée y contribuent, d’ailleurs. Parmi lesquelles la loi d’orientation des mobilités pour répondre, entre autres, au sentiment d’assignation à résidence ressenti par certains de nos compatriotes. La création de l’Agence nationale des territoires, pour mieux accompagner les collectivités dans leurs projets, au plus près des réalités vécues par les habitants. Ou encore la loi sur l’école de la confiance, qui vise à donner les mêmes chances à chacun.

Pour ma part, j’ai continué à m’investir tout particulièrement sur les sujets dont je vous parle depuis le début de mon mandat. Au premier rang desquels la protection de l’enfance qui m’a conduit à proposer et défendre une loi renforçant la lutte contre les cancers pédiatriques, à m’investir au sein de la mission d’information sur l’Aide sociale à l’enfance et à défendre auprès de nos ministres la nécessité de mieux détecter et aider les jeunes aidants familiaux.

Sur ces sujets comme sur beaucoup d’autres, le travail n’est jamais terminé et j’aurai l’occasion de vous en reparler. Mais l’année qui va s’ouvrir sera aussi rythmée, pour moi, par la mission d’information qui vient de se constituer et dont j’ai été désignée rapporteure sur l’adaptation de la politique familiale française aux défis de la société du XXIe siècle. Il y a tant à dire et à réfléchir sur notre politique familiale : est-elle apte à relever le défi de la démographie ? Prend-elle suffisamment en compte les évolutions des schémas familiaux ? Quelles sont d’ailleurs les conséquences juridiques, sociales ou culturelles de celles-ci ? J’aurai à cœur, avec mes collègues membres de la mission, de répondre à toutes ces questions.

J’en terminerai enfin en ayant une pensée émue pour notre chère Patricia, qui nous a quittés cette année des suites d’une maladie. Nous aurons à cœur, aussi, de nous montrer dignes des combats sociaux et environnementaux qui étaient les siens.

En attendant de vous retrouver lors de la rentrée parlementaire, je vous dis toute mon amitié et vous souhaite un bel été.